Good Boy, Bad Boy

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Bruce Nauman

1985

Installation, 01:00:00, 00:52:00.
Materials: dvd, digital betacam, 2 monitors, 2 players

Collection: Collection M HKA, Antwerp.

Pionnier de l’art vidéo classique états-unien, Bruce Nauman part d’une conception de l’art comme d’une activité porteuse d’un message qui s’adresse directement au spectateur. La communication qu’il souhaite mener dépasse le dialogue : il s’agit d’un appel insidieux à participer à un raisonnement à travers lequel le spectateur devient subrepticement partie prenante et par conséquent une composante de l’œuvre. Le langage visuel est à ce point compact et direct qu’il devient un miroir de l’âme. En 1985, cela donne la vidéo Good Boy, Bad Boy, interprétée par deux acteurs qui déclament tous deux, de manière non synchrone, la même conjugaison (scolaire) du verbe to have [avoir] à laquelle s’ajoutent des concepts existentiels à connotations communicative, implorante ou impérieuse selon l’intonation des acteurs. À travers les différents rythmes de paroles des acteurs, les textes évoluent en un flot de paroles infini qui devient un mantra pressant, à la fois envoûtant et intimidant. « I have to… you have to… we have to… ». Le rythme schématique évoque des associations avec l’enseignement et l’éducation, mais aussi avec le lavage de cerveau et l’endoctrinement. Dans l’exposition, Luc Tuymans installe cette œuvre si directe en face de biais d’un jeu d’ombre de Tobias Rehberger. Tuymans opte résolument pour une œuvre des débuts de Nauman parce qu’elle fait apparaître de manière évidente à quel point l’artiste a perçu les possibilités de l’art vidéo avant que d’autres ne s’y consacrent. La vidéo dure à peine une minute et se répète en boucle. Il s’agit d’une œuvre comprimée et iconique de la collection du M HKA dont la présence dans l’espace peut être vécue comme quasi brutale.

Texte: Hans Willemse
Traductions: Isabelle Grynberg

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