Jef Geys

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1934 - 2018

Décédé en Balen (BE), né à Leopoldsburg (BE).

Après ses études à l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers, Jef Geys (°1934, Bourg-Léopold, Belgique) s'installe à Balen, toujours en Campine, où il enseignera l'art pendant plus de trente ans dans une école pour jeunes filles. En réalité, l'enseignement était pour lui une des nombreuses façons de s'adonner à une critique de la société et de l'art, une critique qui constitue une valeur fondamentale dans son oeuvre riche, diversifée et complexe.

On a dépeint Jef Geys comme un artiste pris en étau entre un contexte régional et un contexte international, coupé de la réalité sociale. Cela n'est pas nécessairement vrai. Geys est, à bien des égards, un disciple de Marcel Duchamp, qui défendait la stratégie du repli dans le secret. Geys a choisi de construire son œuvre sur des références provinciales. Toutes ses expositions sont accompagnées d'un numéro de son Kempens Informatieblad, qu'il publie lui-même et conçoit comme un journal local à diffusion gratuite.

L'une de ses principales stratégies est la subversion, qui, comme il le souligne à juste titre, ne peut s'opérer 'qu'à l'intérieur du système'. En 1970, Geys fut invité à préparer une exposition en solo au Musée royal des Beaux-Arts à Anvers. En réponse à cette invitation, il adressa une lettre au musée, ainsi qu'au ministère de la Culture, de la Défense et de la Justice, suggérant de dynamiter le musée. L'exposition eut pourtant lieu l'année suivante. Cette réaction est caractéristique de sa méthode, axée sur les processus et poussant à la confrontation : Jef Geys crée des situations tellement pleines de potentiel contradictoire qu'elles menacent de se faire sauter; en les démantelant, il parvient à montrer avec d'autant plus de conviction les forces corruptrices de la réalité actuelle.

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